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Journal de la Société de Biologie, 203 (1), 49-63 (2009)
DOI: 10.1051/jbio:2009004
Mécanismes de plasticité structurale associés à la synchronisation photique de l'horloge circadienne au sein du noyau suprachiasmatique
Olivier Bosler1, Clémence Girardet1, Dominique Sage-Ciocca2, Hélène Jacomy3, Anne-Marie François-Bellan1 et Denis Becquet11 Centre de Recherche en Neurobiologie-Neurophysiologie de Marseille, CNRS-UMR 6231, Université de la Méditerranée, Faculté de Médecine, secteur nord, boulevard Pierre Dramard, 13916 Marseille Cedex 20, France
2 IFR des Neurosciences de Strasbourg, Centre de Neurochimie, 5 rue Blaise Pascal, 67084 Strasbourg Cedex, France
3 Laboratoire de Neuroimmunovirologie, Institut National de la Recherche Scientifique, 531 boulevard des Prairies, Laval, Quebec, Canada H7V 1B7
Reçu le 25 février 2008 / Publié en ligne 10 avril 2009
Résumé
L'horloge circadienne des mammifères, dont la composante centrale est
localisée dans le noyau suprachiasmatique de l'hypothalamus (NSC),
préside à la rythmicité et à l'organisation temporelle des
fonctions métaboliques, physiologiques et comportementales. L'adaptation
de l'organisme à son environnement implique sa remise à l'heure
constante sur le cycle solaire de 24 h, ce qui est assuré principalement
par le mécanisme de la synchronisation photique. Celui-ci agit sur le
mécanisme moléculaire à la base des oscillations circadiennes
tout en ajustant les relations de phase mutuelles entre les multiples
oscillateurs cellulaires qui composent le NSC et dont le fonctionnement
cohérent détermine l'élaboration du message rythmique qui sera
distribué à tout l'organisme. Ces ajustements s'accompagnent de la
mise en jeu de mécanismes de plasticité structurale permettant des
remaniements de l'architecture du réseau neurono-glial du NSC. Les deux
populations neuronales à l'origine des principales efférences du
NSC, les neurones à VIP (peptide intestinal vasoactif) qui constituent
des cibles majeures d'intégration des messages photiques et les neurones
à AVP (arginine-vasopressine) impliqués dans le transfert des
informations rythmiques vers les structures effectrices, contribuent à
ces mécanismes. Elles sont ainsi soumises, au cours du cycle jour/nuit,
à des modifications de l'étendue de leurs surfaces d'apposition
à des prolongements astrocytaires, des terminaisons axonales et/ou des
éléments somato-dendritiques. Cette plasticité neurono-gliale de
l'horloge centrale est dépendante de la lumière puisque l'expression
rythmique de la protéine acide gliofibrillaire (GFAP), marqueur
astrocytaire dont l'utilisation en tant qu'index dynamique de plasticité
structurale au sein du NSC a été validée, disparaît en
conditions d'obscurité constante. Les glucocorticoïdes circulants,
que l'on sait être d'importantes sorties endocrines de l'horloge et des
messages de synchronisation pour l'ensemble de l'organisme, régulent
l'amplitude du pic d'expression de la GFAP et exerceraient ainsi une action
modulatrice sur la plasticité astrocytaire du NSC, et donc sur les
remaniements nycthéméraux de la configuration de son réseau
neurono-glial. La conception selon laquelle cette plasticité est
associée à la synchronisation photique de l'horloge est
appuyée par d'autres données montrant que les fluctuations
journalières des glucocorticoïdes circulants renforcent la
résistance de l'horloge aux variations de la photopériode et sont
donc effectivement impliquées dans la modulation des effets de la
lumière. Il est ainsi proposé que l'intégration par l'horloge
des fluctuations de l'environnement serait liée aux capacités
singulières de plasticité structurale du NSC.
Abstract - Mechanisms of structural plasticity associated with
photic synchronization of the circadian clock within the suprachiasmatic
nucleus
The mammalian circadian clock, whose central component is located in the
suprachiasmatic nucleus of the hypothalamus (SCN), orchestrates rhythmic
events in metabolism, physiology and behavior. Adaptation of the organism to
its environment requires precise adjustment of the clock to the 24 h
astronomical time, primarily by the light/dark cycle. Photic synchronization
acts on both the molecular loops which trigger circadian oscillations and
the phasing of the multiple SCN cellular oscillators whose coordination
permits elaboration of the rhythmic message that will be distributed throughout
the organism. It is concomitant with structural plastic events characterized
by day/night rearrangements of the SCN neuronal-glial network. The two main
sources of SCN efferents, namely the VIP (vasoactive intestinal
peptide)-synthesizing neurons which are major integrators of photic signals
and the AVP (arginine-vasopressin)-synthesizing neurons which are known to
importantly contribute to conveying rhythmic messages to brain targets, are
involved in these mechanisms. Over the light/dark cycle, they indeed undergo
ultrastructural changes in the extent of their membrane coverage by glial,
axon terminal and/or somato-dendritic elements. These structural
rearrangements appear to be dependent on light entrainment, as the rhythmic
expression in SCN of glial fibrillary acidic protein (GFAP), a marker for
brain astrocytes whose changing expression has proved to be a reliable index
of neuronal-glial plasticity, is disrupted under constant darkness.
Glucocorticoid hormones, which are known as important endocrine outputs of
the clock, are required to maintain amplitude of the SCN GFAP rhythm to
normal values, indicating that they modulate astrocytic plasticity within
the SCN and, therefore, nycthemeral changes of the configuration of its
neuronal-glial network. The view that such plastic events may subserve
synchronization of the clock to the light-dark cycle is reinforced by other
data showing that the daily fluctuations of circulating glucocorticoids
actually are involved in modulation of light effects, contributing to the
resistance of the circadian timing system to variations of the photoperiod.
It is thus proposed that the capacity of the clock to integrate cyclic
variations of the environment rely on the inherent capacity of the SCN to
undergo neuronal-glial plasticity.
Key words: Circadian clock -- suprachiasmatic nucleus -- plastic -- astrocyte -- glucocorticoids
Mots clés : Horloge circadienne -- noyau suprachiasmatique -- plasticité -- astrocytes -- glucocorticoïdes
Correspondence: olivier.bosler@univmed.fr
© Société de Biologie 2009
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