| Issue |
Biologie Aujourd’hui
Volume 220, Number 1-2, 2026
|
|
|---|---|---|
| Page(s) | 25 - 34 | |
| DOI | https://doi.org/10.1051/jbio/2026004 | |
| Published online | 31 juillet 2026 | |
Article
Un chercheur inspiré et vagabond : Charles-Édouard Brown-Séquard (1817–1894)
An inspired and wandering researcher: Charles-Édouard Brown-Séquard (1817–1894)
Institut des Maladies Neurodégénératives, IMN, UMR CNRS 5293, Université de Bordeaux, Centre Paul Broca, 146 rue Léo Saignat, 33076 Bordeaux cedex, France
* Auteur correspondant : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Reçu :
6
Mars
2026
Résumé
Cet article vise à décrire quelques « soubresauts » de la vie tumultueuse de Charles-Édouard Brown-Séquard (1817–1894). Fils posthume d’un américain et d’une française dont il associera les noms, il naît et passe sa jeunesse à l’Île Maurice, alors possession anglaise mais largement francophone, avant de partir pour Paris où on lui conseille de se consacrer à la médecine plutôt qu’à la littérature, son ambition initiale. Ses études médicales sont interrompues par la mort subite de sa mère et un premier retour, provisoire, à Maurice ; reprises à Paris, elles aboutissent à une thèse de doctorat sur la physiologie de la moelle épinière. Malgré une situation matérielle précaire et pendant l’épidémie de choléra (1848), Brown-Séquard continue ses travaux de recherche sur des sujets très divers, notamment des greffes interspécifiques d’organes, mais il affine également la description des symptômes du syndrome de lésion spinale qui porte toujours son nom et démontre le croisement dans la moelle de certaines voies sensorielles ainsi que, sur l’oreille de lapin, le rôle de l’innervation vaso-motrice. Ne pouvant, par son statut de sujet britannique, obtenir en France de poste permanent, il va pendant trente ans multiplier les voyages et les séjours à l’étranger, notamment aux États-Unis (60 traversées transatlantiques), à Philadelphie, New York, Richmond puis à Londres et Dublin et à Boston (Harvard). C’est au moment de la mort de Claude Bernard qu’il obtient enfin sa naturalisation française, ce qui lui permet d’être candidat à la chaire de Médecine du Collège de France où il est élu en 1878 ainsi qu’à l’Académie des Sciences en 1886. Jusqu’à sa mort en 1894 il se consacre à la description des effets de traitements régénérateurs par des extraits de glandes ou d’organes (opothérapie) avec la prescience, en particulier sur les surrénales, de ce qui deviendra l’endocrinologie. Avec d’Arsonval il diffuse la méthode parmi les médecins avant que la presse et le grand public ne s’en emparent, lui conférant une renommée un peu sulfureuse de « savant fou ». Bourreau de travail (et de beaucoup d’animaux...), courageux à l’extrême, désintéressé, excentrique, entêté dans l’erreur comme dans la vérité, Brown-Séquard apparaît comme un savant du XIX e siècle aussi singulier qu’attachant. La Société de Biologie, qu’il a présidée de 1887 à 1891 et dont il avait participé en 1848 à la fondation ainsi qu’à celle de plusieurs revues scientifiques, se doit de lui rendre hommage.
Abstract
This article aims to describe several “ups and downs” in the tumultuous life of Charles-Édouard Brown-Séquard (1817–1894). The posthumous son of an American father and a French mother—whose surnames he combined—he was born and spent his youth on the island of Mauritius, then a British possession but largely French-speaking, before leaving for Paris, where he was advised to devote himself to medicine rather than literature, his first ambition. His medical studies were interrupted by the sudden death of his mother and a first, temporary return to Mauritius. When resumed in Paris, they culminated in a doctoral thesis on the physiology of the spinal cord. Despite precarious financial circumstances and a cholera epidemic (1848), Brown-Séquard continued his research on a wide range of subjects, including some rather unusual interspecific organ grafts. At the same time, he refined the description of the symptoms of the spinal cord lesion syndrome that still bears his name, demonstrated the crossing of sensory pathways within the spinal cord, and, through experiments on the rabbit’s ear, showed the role of vasomotor innervation. Unable, because of his status as a British subject, to obtain a permanent position in France, he spent thirty years traveling and working abroad, particularly in the United States (with 60 transatlantic crossings), in Philadelphia, New York, and Richmond, and later in London or Dublin and Boston at Harvard. After the death of Claude Bernard, he obtained French naturalization, which allowed him to stand for the Chair of Medicine at the Collège de France, to which he was elected in 1878, as well as to the Académie des Sciences in 1886. Until his death in 1894, he devoted himself to describing the effects of regenerative treatments using extracts from glands or organs (organotherapy or opotherapy), anticipating in particular—through his work on the adrenal glands—the field that would later become endocrinology. Together with d’Arsonval, he promoted this method among physicians before the press and the general public took hold of it, giving him a somewhat controversial reputation. A tireless worker, extremely courageous, selfless, eccentric, and stubborn in both error and truth, Brown-Séquard emerges as a nineteenth-century scientist as singular as he was endearing. The Société de Biologie, which he helped to found in 1848 (along with several scientific journals) and which he later presided over (1887–1891), owes him this tribute (abstract établi avec l’aide de Chat GPT).
Mots clés : Île Maurice / Collège de France / Académie de médecine / opothérapie / neurophysiologie / syndrome de Brown-Séquard
Key words: Mauritius / Collège de France / Academy of Medicine / opotherapy / neurophysiology / Brown-Séquard syndrome
© Société de Biologie, 2026
Current usage metrics show cumulative count of Article Views (full-text article views including HTML views, PDF and ePub downloads, according to the available data) and Abstracts Views on Vision4Press platform.
Data correspond to usage on the plateform after 2015. The current usage metrics is available 48-96 hours after online publication and is updated daily on week days.
Initial download of the metrics may take a while.
