| Numéro |
Biologie Aujourd’hui
Volume 219, Numéro 3-4, 2025
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| Page(s) | 125 - 139 | |
| DOI | https://doi.org/10.1051/jbio/2025013 | |
| Publié en ligne | 12 janvier 2026 | |
Article
Art, deuil et culture : les nouveaux territoires de la cognition chez les primates
Art, mourning, and culture: New frontiers in primate cognition
1
Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien (IPHC), UMR 7178 CNRS – Université de Strasbourg, 23 rue du Loess, 67200 Strasbourg, France
2
Institut Universitaire de France (IUF)
* Auteur correspondant : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Reçu :
2
Octobre
2025
Depuis des siècles, la question de l’unicité humaine alimente les débats scientifiques et philosophiques. L’Homme s’est souvent défini comme un être à part, doté de capacités abstraites telles que l’usage d’outils (Homo habilis), la pensée économique et la théorie de l’esprit (Homo economicus), la sensibilité esthétique (Homo aestheticus) ou la conscience de la mort et la spiritualité (Homo deus). Pourtant, les avancées en éthologie et en anthropologie évolutive ont révélé chez d’autres espèces des comportements jadis considérés comme spécifiquement humains. Cet article explore trois de ces domaines – la culture, le deuil et l’art – à travers une approche comparative entre primates humains et non humains. En analysant les mécanismes de transmission sociale, les manifestations comportementales liées à la mort, et les productions graphiques observées chez les grands singes, nous discutons des continuités cognitives entre espèces, des biais méthodologiques (notamment l’anthropomorphisme) et des implications pour la redéfinition de la frontière entre nature et culture.
Abstract
For centuries, the question of human uniqueness has fueled scientific and philosophical debates. Humans have often been portrayed as singular beings endowed with abstract abilities such as tool use (Homo habilis), economic reasoning and theory of mind (Homo economicus), aesthetic sensibility (Homo aestheticus), or awareness of death and spirituality (Homo deus). However, advances in ethology and evolutionary anthropology have uncovered in non-human species behaviors once thought to be exclusively human. This paper explores three of these domains − culture, mourning, and art − through a comparative approach across human and non-human primates. By examining mechanisms of social transmission, behavioral expressions related to death, and graphic productions such as drawing, we discuss cognitive continuities between species, methodological challenges (notably anthropomorphism), and the broader implications for redefining the boundary between nature and culture. Our findings suggest that rather than representing absolute distinctions, these capacities reveal shared evolutionary roots of cognition, emotion, and creativity across the primate lineage.
Mots clés : cognition comparative / culture animale / deuil / dessin / thanatologie
Key words: comparative cognition / animal culture / mourning / drawing / thanatology
© Société de Biologie, 2026
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