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Tableau 1

Résumé des études cliniques concernant l’utilisation de la kétamine dans le cadre du traitement du TUA. Ce tableau a été réalisé par une analyse bibliographique de l’ensemble des sources primaires ainsi que de différentes revues traitant de l’utilisation clinique de la kétamine. Dans ce tableau sont présentés : le type d’étude (RCT : Étude clinique randomisée et contrôlée, AWS : Étude clinique sur le syndrome de sevrage, Ancienne, Autre), les références de l’étude clinique ou des articles cliniques rapportant les résultats, le nombre de participants, l’objectif de l’étude comme décrit par les auteurs, un résumé de l’intervention pharmacologique et psychothérapeutique, ainsi que les résultats majeurs de chacune des études. L’absence d’un groupe contrôle est signifiée par « Aucun » dans la colonne « Contrôle ». L’étude de Condi et al., (1972), mentionnée dans le texte, n’a pas été incluse dans ce tableau en raison d’un manque d’informations.

Type Reference Type d’étude Nombre de participants Objectif de l’étude Description de l’intervention Contrôle Résultats
RCT Das et al., 2019 Étude randomisée, contrôlée, en simple aveugle. Suivi sur 9 mois. N = 90 (35 femmes), volontaires grands buveurs, avec un risque modéré voire sévère pour de TUA.
Âge moyen 27,5 ans.
Le but est d’évaluer la capacité de la kétamine à déstabiliser la mémoire maladaptative associée à l’alcool, en analysant l’effet sur l’abus d’alcool. Une procédure en trois étapes permet la préparation, puis l’administration de la kétamine durant une procédure de rappel mémoriel (RM). Kétamine 0,35 mg/kg sur 30 min en I.V. + RM. Un autre groupe reçoit uniquement la kétamine. Placebo salin + RM. La kétamine + RM montre une diminution significative de la consommation, la recherche et le craving pour l’alcool, 10 jours après l'intervention, en comparaison du groupe kétamine seule et du groupe contrôle. Toutefois à 9 mois post intervention, les trois groupes rapportent une consommation similaire.
Grabski et al., 2022 McAndrew et al., 2017 Étude randomisée, contrôlée, en double aveugle. Suivi sur 6 mois. N = 96 (35 femmes), patients avec un TUA sévère et une dépression modérée.
Âge : 18–65 ans.
Évaluer l’efficacité et la sécurité de l’utilisation de la kétamine pour augmenter le temps d’abstinence à 3 et 6 mois ainsi que sur la consommation, le craving et les symptômes dépressifs chez des patients souffrant d’un TUA et de dépression. 3 sessions de kétamine 0,8 mg/kg I.V + CBT individuelle axée sur la prévention de la rechute. 3 sessions de kétamine 0,8 mg/kg I.V + éducation de groupe aux dangers de l’alcool. Placebo salin + CBT axée sur la prévention de la rechute. Placebo salin + éducation aux dangers de l’alcool. Les groupes ayant reçu de la kétamine montrent une diminution significative des taux de rechutes par rapport aux groupes contrôles (différence de 10,1 %). Aucune différence entre les groupes kétamine + psychothérapie de groupe vs. kétamine + psychothérapie individuelle.
Dakwar et al., 2020 Rothberg et al., 2021 Étude randomisée, contrôlée, en double aveugle. Suivi sur 6 mois. N = 40 (21 femmes), individus dépendants recherchant un traitement.
Âge moyen : 53 ans.
Une investigation de l’effet de la kétamine couplée à de la psychothérapie motivationnelle sur les différents critères du TUA. Kétamine 0,71 mg/kg sur 52 minutes d’I.V + psychothérapie de pleine conscience pour prévenir la rechute MET. 5 semaines de traitement. Midazolam (0,025 mg/kg I.V) + MET. 5 semaines de traitement. Le nombre d’individus encore abstinents à 6 mois est plus élevé pour le groupe traité à la kétamine (75 % vs. 27 %, en nombre de participants : 6 vs. 3). Le nombre de jours passés à boire de grandes quantités d’alcool est significativement moins élevé pour le groupe ayant reçu la kétamine. Aucune modification du craving rapportée.
Mollaahmetoglu et al., 2021 Interviews de patients d’une étude clinique randomisée en double aveugle. 1 à 3 ans post (Grabski et al., 2022) N = 12, Anciens patients avec un TUA sévère. (Grabski et al., 2022) Évaluer l’impact à long terme du traitement avec la kétamine sur les différents critères du TUA (consommation, craving, abstinence). 3 sessions de kétamine 0,8 mg/kg I.V + CBT individuelle axée sur la prévention de la rechute. 3 sessions de kétamine 0,8 mg/kg I.V + éducation de groupe aux dangers de l’alcool. (Grabski et al., 2022) Placebo salin + CBT axée sur la prévention de la rechute. Placebo salin + éducation aux dangers de l’alcool. (Grabski et al., 2022) 11 patients sur 12 ont complété le programme des 3 infusions. 3 patients sur 12 étaient encore abstinents au moment de l’interview. Tous les patients rapportent une nouvelle relation à l'alcool, une réduction de la consommation et du craving.
AWS Pizon et al., 2018 Études rétrospectives observationnelles. N = 63 (12 femmes), une cohorte de patients admis en soins intensifs pour sevrage alcoolique (delirium tremens). Intervention médicale dans le but de diminuer les symptômes de sevrage et de diminuer le besoin de prescription de benzodiazépines. Évaluation subséquente de l’effet de la kétamine sur le temps passé en soins intensifs. Traitements symptomatiques + benzodiazépines (lorazépam) + kétamine 0,15 mg/kg/h jusqu’à la disparition des symptômes. Traitements symptomatiques + benzodiazépines (lorazépam). Pour les patients ayant bénéficié du traitement à la kétamine, tous les symptômes de sevrage ont disparu en 1 h. Diminution du besoin en benzodiazépines et de la nécessité d’intubation pour le groupe kétamine par rapport au groupe témoin.
Shah et al., 2018 Étude rétrospective observationnelle. N = 30 (5 femmes), une cohorte de patients admis en soins intensifs pour sevrage alcoolique malgré une infusion continue de lorazépam. Évaluer l’efficacité de la kétamine sur la réduction des symptômes de sevrage ainsi que sur le besoin en lorazépam chez des patients présentant des symptômes de sevrage résistants aux benzodiazépines. Infusion de lorazépam continue + kétamine 0,5 à 4,5 mg/kg/h. Aucun Pour les patients ayant bénéficié du traitement à la kétamine, tous les symptômes de sevrage ont disparu en 1 h. Diminution du besoin en lorazépam (−4 mg/h).
Wong et al., 2015 Étude rétrospective observationnelle. N = 23, patients anciennement admis en soins intensifs pour sevrage alcoolique. Intervention médicale dans le but de diminuer les symptômes de sevrage et le besoin de prescription de benzodiazépines. Benzodiazépines (dont lorazépam) + traitements
symptomatiques + kétamine 0,21 mg/kg/h jusqu’à la disparition des symptômes.
Aucun 12 h après le début de l’infusion de kétamine, le besoin en benzodiazépines a diminué de 40 mg. À 24 h, la diminution était de 13,3 mg. Les symptômes de sevrage alcoolique ont mis en moyenne 5,6 jours pour disparaître.
Ancienne Krupitsky & Grinenko, 1997 Résultats issus d’une étude clinique contrôlée. Suivi à 1, 2 et 3 ans. N = 211, données de patients présentant un TUA. Intervention d’une durée de 3 mois comprenant différentes psychothérapies, individuelles et en groupe, ayant pour but de modifier la relation qu’a le patient avec l’alcool. Psychothérapie mixte précédant la session psychédélique + injection intramusculaire de kétamine 2,5 mg/kg + psychothérapie de suivi. Uniquement psychothérapie mixte et de suivi. Le groupe traité avec la kétamine présente un taux d’abstinence de 65,8 %, comparé à 24 % pour le groupe contrôle. Les patients rapportent un changement positif dans leur style de vie et notamment dans leur relation à l’alcool. Deux et 3 ans après l’intervention, 40,7 % et 33,3 % des patients étaient encore abstinents.
Krupitsky et al., 1992 Résultats issus d’une étude clinique contrôlée. Suivi à 1 an. N = 186, patients présentant un TUA. Intervention thérapeutique par aversion (affective contra-attribution method) couplée à une thérapie psychédélique avec de la kétamine. Évaluation du taux d’abstinence 1 an après l’intervention. Administration de kétamine 3 mg/kg en intra-musculaire + thérapie par aversion (individuelle et en groupe). Thérapie par aversion seule (affective contra-attribution method) (individuelle et en groupe). Le groupe traité avec la kétamine présente un taux d’abstinence de 69,9 %, comparé à 24 % pour le groupe contrôle.
Autre Kolp et al., 2007 Études rétrospectives observationnelles et sur des rapports de cas. Suivi à 1 an. N = 70, individus traités avec de la kétamine associée à la psychothérapie dans un cadre de pratique privée. Cinq différentes méthodes ont été utilisées, et les doses de kétamine ne sont pas clairement énoncées. Auto-évaluation du taux d’abstinence 1 an post-intervention. Une ou deux infusions de kétamine avec thérapie individuelle ou thérapie de groupe. Aucun Le taux d’abstinence 1 an après les interventions varie entre 25 % et 70 %, avec les meilleurs résultats observés pour les patients ayant reçu des doses multiples de kétamine.
Yoon et al., 2019 Étude ouverte. Suivi sur 4 semaines. N = 5 (1 femme), volontaires avec un TUA et de la dépression.
Âge moyen : 49,2 ans.
Traitement de l’état dépressif associé au TUA et évaluation de la consommation d’alcool et du craving suite à une intervention pharmacologique mixte. Injection de naltrexone (380 mg) + 1 session par semaine de kétamine 0,5 mg/kg en I.V. pendant 4 semaines de traitement. Aucun Tous les patients ont montré une évolution positive dans leur dépression (plus de 50 % de changement sur l’échelle MADRS). 80 % ont diminué leur consommation d’alcool et ont rapporté une diminution du craving.

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