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Biologie Aujourd’hui
Volume 217, Number 3-4, 2023
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| Page(s) | 133 - 144 | |
| DOI | https://doi.org/10.1051/jbio/2023026 | |
| Published online | 29 novembre 2023 | |
Article
La kétamine : un neuropsychotrope au mécanisme d’action innovant
Ketamine: a neuropsychotropic drug with an innovative mechanism of action
Laboratoire de Neuropharmacologie, Université Paris-Saclay, Faculté de Pharmacie, Inserm CESP/UMR 1018, Équipe MOODS, F-91400 Orsay, France
* Auteur correspondant : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Reçu :
22
Avril
2023
Résumé
La kétamine, un antagoniste non compétitif du récepteur N-méthyl-D-aspartate (R-NMDA) du glutamate, possède un effet antidépresseur rapide (dès 24 h post-dose) et prolongé (jusqu’à une semaine) dans la dépression résistante au traitement par des antidépresseurs « classiques » et dans les modèles rongeurs d’anxiété/dépression. Les arguments concernant ses mécanismes cellulaires et moléculaires sous-tendant son activité antidépressive viennent principalement d’études animales. Des débats persistent cependant sur le remodelage structurel des neurones frontocorticaux/hippocampiques et sur le rôle des neurotransmetteurs excitateurs/inhibiteurs impliqués dans cet effet comportemental observé chez l’animal. Les modifications neurochimiques et comportementales se maintiennent 24 h après l’administration de la kétamine, bien au-delà de sa demi-vie d’élimination plasmatique. L’avancée des connaissances sur les conséquences du blocage du R-NMDA permet de préciser les mécanismes sous-jacents impliquant (i) l’activation des récepteurs AMPA du glutamate, qui déclenche une cascade d’évènements intracellulaires dépendants de la cible mécanistique de la rapamycine, (ii) le facteur neurotrophique dérivé du cerveau et (iii) la synthèse de protéines synaptiques facilitant la plasticité synaptique (nombre d’épines dendritiques, synaptogenèse). Les cellules pyramidales glutamatergiques du cortex préfrontal médian sont principalement impliquées dans les effets thérapeutiques de la kétamine. La présente revue se concentre sur les anomalies des systèmes de neurotransmetteurs associées aux troubles dépressifs caractérisés, leur impact potentiel sur les circuits neuronaux et les effets bénéfiques de la kétamine. Les résultats d’études précliniques récentes devraient aider à orienter les futures études pour mieux préciser le mécanisme d’action des antidépresseurs d’action rapide et permettre ainsi le développement de nouvelles thérapies plus efficaces.
Abstract
Ketamine, a non-competitive antagonist of the N-methyl-D-aspartate-glutamate receptor (R-NMDA), has a rapid (from 24 h post-dose) and prolonged (up to one week) antidepressant effect in treatment resistant depression and in rodent models of anxiety/depression. Arguments regarding its cellular and molecular mechanisms underlying its antidepressant activity mainly come from animal studies. However, debates still persist on the structural remodeling of frontocortical/hippocampal neurons and the role of excitatory/inhibitory neurotransmitters involved in its behavioral effect. Neurochemical and behavioral changes are maintained 24 h after administration of ketamine, well beyond its plasma elimination half-life. The glutamatergic pyramidal cells of the medial prefrontal cortex are primarily implicated in the therapeutic effects of ketamine. Advances in knowledge of the consequences of R-NMDA blockade allowed to specify the underlying mechanisms involving the activation of AMPA glutamate receptors, which triggers a cascade of intracellular events dependent on the mechanistic target of rapamycin, brain-derived neurotrophic factor, and synaptic protein synthesis facilitating synaptic plasticity (number of dendritic spines, synaptogenesis). This review focuses on abnormalities of neurotransmitter systems involved in major depressive disorders, their potential impact on neural circuitry and beneficial effects of ketamine. Recent preclinical data pave the way for future studies to better clarify the mechanism of action of fast-acting antidepressant drugs for the development of novel, more effective therapies.
Mots clés : kétamine / antidépresseur / sérotonine / excitation/glutamate / inhibition/GABA / cortex préfrontal médian
Key words: ketamine / antidepressant / serotonin / excitation/glutamate / inhibition/GABA / medial prefrontal cortex
© Société de Biologie, 2023
Liste des abréviations
(2R,6R)-HNK : (2R,6R)-hydroxy-norkétamine
5-HT : Sérotonine
BDNF : Brain-derived neurotrophic factor
BHE : Barrière hémato-encéphalique
CORT : Corticostérone
DRN : Dorsal raphe nucleus
DRT : Dépression résistante au traitement
ECT : Électroconvulsivothérapie
EDC : Épisode dépressif caractérisé
eEF2 : Eukaryotic elongation factor-2
E/I : Équilibre glutamate/GABA
EMA : Agence Européenne des Médicaments
FDA : Food and Drug Administration
GABA : Acide gamma-aminobutyrique
ICV : Intracérébroventriculaire
IN : Intranasal
i.p. : Intrapéritonéal
IRSNa : Inhibiteurs de recapture de sérotonine-noradrénaline
ISRS : Inhibiteur sélectif de recapture de la sérotonine
IV : Intraveineux
KO : Knock-out
MADRS : Échelle de Dépression de Montgomery-Åsberg
mPFC : Cortex préfrontal médian
mTOR : Mechanistic target of rapamycin
NA : Noradrénaline
NBQX : 2,3-dioxo-6-nitro-7-sulfamoyl-benzo[f]quinoxaline
NMDA : Acide N-méthyl-D-aspartique
NSF : Novelty-suppressed feeding (test neurogenèse-dépendant)
PCP : Phéncyclidine
PV : Parvalbumine
R-AMPA : Récepteur AMPA du glutamate
R-NMDA : Récepteur N-méthyl-D-aspartate du glutamate
SNC : Système Nerveux Central
SST : Interneurones exprimant la somatostatine
TDC : Trouble dépressif caractérisé
TrkB : Récepteur de haute affinité pour le BDNF
Introduction
Le trouble dépressif caractérisé (TDC), avec une prévalence au cours de la vie de 15 % (Mitchell et al., 2011), représente la principale cause d’années vécues avec incapacité dans le monde. Les antidépresseurs monoaminergiques conventionnels, inhibiteurs sélectifs de la recapture de sérotonine (ISRS) et inhibiteurs mixtes de la recapture de sérotonine et noradrénaline (IRSNa) agissent en augmentant les taux de monoamines principalement la sérotonine (5-HT) et la noradrénaline (NA) (Prins et al., 2011). Les symptômes dépressifs s’intensifient après une déplétion (aiguë et chronique) en monoamines (Neumeister et al., 2004 ; Ruhé et al., 2007 ; Hasler et al., 2008). Ces observations et d’autres plus récentes (Erritzoe et al., 2022) ont construit « l’hypothèse monoaminergique » des TDC et de l’efficacité des antidépresseurs. Cependant, leur efficacité thérapeutique est limitée, notamment par un long délai d’action et un pourcentage élevé de patients résistants à ces antidépresseurs : l’étude STAR*D a montré que la dépression résistante au traitement (DRT définie comme un échec à au moins deux classes différentes d’antidépresseurs ou une résistance aux ECT) survient chez 20 à 30 % des patients atteints de TDC (Gaynes et al., 2008), qui représentent jusqu’à 5 % de la population générale.
Récemment, la kétamine (ou (R,S)-kétamine) administrée par voie intraveineuse et un de ses énantiomères, la eskétamine (SPRAVATO®) administrée par voie intra-nasale, ont démontré un effet antidépresseur rapide (dès 24 h post-dose) et prolongé (jusqu’à une semaine) dans la DRT (Lapidus et al., 2014 ; Bahji et al., 2021). Les nombreuses études précliniques dans des modèles rongeurs d’anxiété/dépression ont aidé à préciser les mécanismes cellulaires et moléculaires qui sous-tendent la rapidité de cette activité antidépressive. Cependant, nous allons voir que les propriétés pharmacologiques comparées de la kétamine et de ses deux énantiomères (R)-kétamine et (S)-kétamine ainsi que la connaissance des diverses régions cérébrales et circuits neuronaux impliqués dans l’effet antidépresseur rapide restent à caractériser (Bonaventura et al., 2021 ; Jelen et al., 2021). Cette revue fait le point sur ces sujets et sur les débats qui persistent dans la communauté neuroscientifique.
Historique de la kétamine
La (R,S)-kétamine possède de multiples indications (Domino, 2010 ; Barrett et al., 2020). Depuis le début des années 1960 et encore aujourd’hui, la (R,S)-kétamine est communément utilisée en médecine vétérinaire et en recherche animale comme anesthésique, en association avec la xylazine, un agoniste sélectif des récepteurs adrénergiques alpha2 (Kohtala, 2021). À la dose de 1 à 2 mg/kg, la (R,S)-kétamine administrée en bolus intraveineux produit un état d’anesthésie dissociative en 1 à 2 min après l’injection (Marland et al., 2013). Elle peut être administrée par d’autres voies, orale, sublinguale, intranasale, intramusculaire, et sous-cutanée, mais la biodisponibilité la plus élevée et l’effet le plus rapide sont atteints par voie intraveineuse. L’effet analgésique de la (R,S)-kétamine apparaît à des doses intraveineuses de 0,25 à 0,5 mg/kg, correspondant à 0,125–0,25 mg/kg de S-kétamine pour le traitement de douleurs chroniques (Motov et al., 2015). Elle est particulièrement utile lorsque les opioïdes ne fournissent plus un soulagement suffisant (Chazan et al., 2008). La prescription répétée de kétamine ne semble pas associée à un risque d’addiction, de troubles dissociatifs ou de symptômes psychotiques à long terme (Bottemanne et al., 2020). La prudence doit rester de mise cependant car des souris qui s’auto-administrent la (S)-kétamine de façon répétée à des doses infra-anesthésiques développent une sensibilité psychomotrice de type opioïde avec une activation de la neurotransmission dopaminergique corticale (Bonaventura et al., 2021). Ces effets comportementaux et neurobiologiques de la (S)-kétamine, non observés avec la (R)-kétamine, dépendraient de l’activation sélective des récepteurs opioïdes mu et kappa dans le cortex préfrontal médian (mPFC), mais cette hypothèse est actuellement débattue (Bonaventura et al., 2022 ; Shim, 2022).
Krystal et al. (1994) furent les premiers à montrer que les antagonistes des R-NMDA comme la (R,S)-kétamine produisent un large éventail de symptômes, de comportements et de déficits cognitifs qui ressemblent à ceux observés dans des psychoses endogènes, comme la schizophrénie. Ces effets psychotomimétiques transitoires (anxiété, paranoïa) ont été à l’origine du développement de modèles animaux de schizophrénie (avec hyperlocomotion, stéréotypies, ataxie) par administration de kétamine. L’administration d’une seule dose de divers antagonistes des R-NMDA, e.g., MK-801, phéncyclidine-PCP et/ou kétamine, a révélé l’implication de la neurotransmission glutamatergique dans ces effets de type « psychotique » chez le rat (Amargós-Bosch et al., 2006 ; López-Gil et al., 2007 ; Razoux et al., 2007 ; Celada et al., 2013).
La kétamine est aussi utilisée dans le traitement de divers troubles psychiatriques comme le trouble de stress post-traumatique et les dépressions résistantes (DRT). À noter que les doses analgésiques et antidépressives efficaces sont inférieures aux doses anesthésiques. La prescription de (R,S)-kétamine comme antidépresseur d’action rapide est discutée ci-dessous plus en détail.
Effets antidépresseurs de la kétamine en clinique
En 2019, un spray intranasal (IN) d’eskétamine, un des énantiomères de la (R,S)-kétamine, a été approuvé par les agences pharmaceutiques américaine (FDA) et européenne (EMA) chez les patients présentant une DRT. L’eskétamine est le premier nouveau traitement de la dépression depuis 60 ans avec un mécanisme d’action original, ne reposant pas sur un effet monoaminergique direct. La prescription d’eskétamine IN doit cependant être associée à un antidépresseur monoaminergique conventionnel, ISRS ou IRSNa, administré par voie orale (Canuso et al., 2018 ; Daly et al., 2018). Cette association constitue une alternative au traitement des TDC résistants chez les patients adultes de moins de 65 ans.
Comment en est-on arrivé là ?
Deux études cliniques ont pour la première fois suggéré l’efficacité antidépressive rapide de la kétamine dans la DRT. En 2000, une première étude clinique randomisée-contrôlée en double aveugle a été conduite sur huit patients recevant soit une infusion IV de kétamine (0,5 mg/kg pendant 40 minutes), soit un placebo (Berman et al., 2000). L’effet antidépresseur de la kétamine versus placebo a été mesuré dès 4 h post-dose, avec un maximum atteint après 3 jours. Sur les 8 patients traités par la kétamine, 7 ont présenté une amélioration de leurs symptômes d’au moins 30 % et 4 d’au moins 50 %. Parmi les 7 patients améliorés par la kétamine, 6 ont cependant rechuté après 1 à 2 semaines (Tableau 1).
En 2006, le même protocole a été appliqué lors de la deuxième étude clinique. Parmi les 18 patients déprimés résistants ayant reçu la kétamine, 71 et 29 % ont présenté respectivement une réduction de leurs symptômes et une rémission versus aucun dans le groupe placebo. L’effet antidépresseur de la kétamine est apparu dès 110 minutes après l’infusion IV et a été maintenu jusqu’à 7 jours post-infusion. Toutefois, au bout d’une semaine, seuls 35 % des patients atteignaient encore le seuil de réponse clinique (Zarate et al., 2006) (Tableau 1). Il faut noter que dans ces deux premières études les patients ne prenaient aucun autre psychotrope. Par la suite, un plus grand nombre de patients a été inclus dans les essais cliniques et le midazolam, une benzodiazépine, a été utilisé comme placebo « actif » (Murrough et al., 2013). De nombreuses méta-analyses ont confirmé l’efficacité transitoire d’une dose unique de kétamine (Corriger & Pickering, 2019 ; Marcantoni et al., 2020 ; Jawad et al., 2022) (Tableau 1).
Principales études cliniques et pré-cliniques publiées concernant la « kétamine, un antidépresseur d’action rapide » entre 2000 et 2022.
Connaissances expérimentales pré-cliniques
Structure du R-NMDA
Le glutamate est le principal neurotransmetteur excitateur du système nerveux central (SNC). Deux types de récepteurs ionotropiques du glutamate sont exprimés, le R-NMDA le R-AMPA, ce dernier étant celui qui est le plus largement distribué dans le cerveau. La plupart des R-NMDA sont composés d’une combinaison de deux sous-unités NR1 avec deux sous-unités NR2 constituant un canal traversant la membrane plasmique. Le R-NMDA est activé lorsqu’il y a liaison simultanée du glutamate sur la sous-unité NR2 (sur laquelle se fixe également la kétamine, la PCP, le MK-801 et la mémantine) et d’un co-agoniste glycine/D-sérine sur la sous-unité NR1 (Traynelis et al., 2010). En fonction de sa composition en sous-unités NR2A/NR2B, le R-NMDA contrôle la plasticité synaptique en régulant la transmission synaptique et en modulant le trafic du R-AMPA post-synaptique (Kim et al., 2005). Dans des conditions physiologiques et en présence de Mg2+, le canal du R-NMDA est fermé, prévenant ainsi tout flux de cations Ca2+/Na+ passant par le récepteur au travers de la membrane plasmique (Gideons et al., 2014). Une dépolarisation membranaire déloge le Mg2+ de l’intérieur de ce canal cationique qui s’ouvre alors permettant l’influx intracellulaire des cations Ca2+/Na+ en échange de la sortie d’ions K+ en réponse à la liaison du glutamate sur la sous-unité NR2.
Principales propriétés pharmacologiques de la (R,S)-kétamine et des S- et R-kétamines
La (R,S)-kétamine est un mélange racémique de deux énantiomères, la (R)-kétamine (ou arkétamine) et la (S)-kétamine (ou eskétamine) à parts égales. Le racémique est un puissant antagoniste non compétitif du R-NMDA in vitro (CE50 = 760 nM) et in vivo (DE50 = 4,4 mg/kg) dans le cortex ou l’hippocampe des rongeurs (Murray et al., 2000 ; Lord et al., 2013).
La (S)-kétamine possède une affinité (Ki = 0,30 µM) plus élevée pour le R-NMDA que la (R)-kétamine (Ki = 1,4 µM) dans le cortex de rat (Ebert et al., 1997), mais son effet antidépresseur dure moins longtemps que celui de l’enantiomère-(R) dans des modèles animaux anxio/dépressifs (Hare et al., 2020). Utilisée comme anesthésique ou analgésique chez l’Homme, la (S)-kétamine est plus puissante que la (R)-kétamine en lien avec sa plus grande affinité pour le R-NMDA (White et al., 1985). Cependant, les propriétés antidépressives respectives de la (S)-kétamine d’une part, et de la (R)-kétamine et de son métabolite principal, la (2R,6R)-HNK, d’autre part, sont encore débattus (Jelen et al., 2021). L’efficacité antidépressive de la (S)-kétamine et de la (R)-kétamine comparée à celle de la molécule mère, le mélange racémique (±)-(R,S)-kétamine, n’est clairement avérée ni dans les études pré-cliniques (Chang et al., 2019 ; Nguyen et al., 2023), ni dans les essais cliniques (Meiering et al., 2022).
(R,S)-kétamine et récepteurs NMDA-NR2B des interneurones GABAergiques corticaux
Au niveau du mPFC, la (R,S)-kétamine bloque les R-NMDA présents sur les interneurones GABA inhibiteurs exprimant la somatostatine (SST) (Fuchs et al., 2017 ; Gerhard et al., 2020), ce qui induit la libération de glutamate, l’activation indirecte des synapses excitatrices et celle d’un courant excitateur post-synaptique (PPSE) (Pothula et al., 2021). En revanche, le sous-type le plus abondant de la population d’interneurones GABAergiques corticaux, qui exprime la parvalbumine et joue un rôle régulateur majeur dans l’équilibre excitation/inhibition (E/I) dépendant du rapport glutamate/GABA, n’est pas impliqué dans l’activation indirecte des synapses excitatrices par la (R,S)-kétamine (Pozzi et al., 2014). Néanmoins, qu’elle soit administrée par voie IV, ip ou IN, la (R,S)-kétamine influence l’équilibre E/I cérébral en potentialisant l’excitation synaptique glutamatergique (Fuchs et al., 2017). Comme l’inactivation de la sous-unité NR2B des R-NMDA bloque les effets antidépresseurs de la (R,S)-kétamine chez la souris (Pothula et al., 2021), et que ceux-ci sont sous-tendus par l’excitation glutamatergique corticale résultant du blocage des interneurones SST GABAergiques inhibiteurs, on peut en inférer que ce sont très probablement les récepteurs R-NMDA-NR2B exprimés par ces interneurones qui jouent un rôle clé dans l’effet antidépresseur de la (R,S)-kétamine. Le ciblage spécifique de ces récepteurs pourrait donc constituer une piste de recherche privilégiée pour le développement de futurs antidépresseurs « glutamatergiques ».
(R,S)-kétamine et récepteurs AMPA
L’activation des récepteurs AMPA (R-AMPA) par le glutamate libéré en réponse au blocage des R-NMDA semble jouer un rôle important dans l’effet antidépresseur rapide de la (R,S)-kétamine, non seulement au niveau du mPC mais aussi dans l’hippocampe (Autry et al., 2011). De fait, le NBQX, un antagoniste des R-AMPA, administré par voie systémique, en i.p. (Autry et al., 2011), ou directement dans le noyau raphé dorsal (DRN) (Li et al., 2010 ; Pham et al., 2020), réduit l’activité excitatrice neuronale et bloque les effets neurochimiques (libération corticale de 5-HT, glutamate, GABA) et comportementaux d’une dose unique infra-anesthésique de (R,S)-kétamine (Li et al., 2010 ; Pham et al., 2017). De plus, la kétamine augmente le rapport de densité des récepteurs AMPA/NMDA chez le rat (Tizabi et al., 2012). L’étude spécifique des deux énantiomères a montré cependant que la (R)-kétamine et la (S)-kétamine remodèlent la neurotransmission et la connectivité synaptique par des mécanismes différents. La (R)-kétamine active fortement le système sérotoninergique préfrontal indépendamment des R-AMPA, tandis que la libération de sérotonine et de dopamine induite par la (S)-kétamine implique un mécanisme dépendant de ces récepteurs (Ago et al., 2019).
Mécanismes neurobiologiques des effets antidépresseurs de la kétamine : hypothèse désinhibitrice
Rôle probable de l’excitation glutamatergique corticale
Les travaux de référence dans ce domaine sont ceux de l’équipe de Ron Duman à l’Université de Yale aux États-Unis qui a rapporté dans Science que la (R,S)-kétamine active rapidement la synthèse/libération du facteur neurotrophique BDNF, à l’origine d’une cascade de signalisation impliquant le complexe mTOR (mechanistic target of rapamycine), une sérine/thréonine kinase qui contrôle plusieurs fonctions des neurones excitateurs glutamatergiques, comme la phosphorylation de protéines impliquées dans la signalisation synaptique et la croissance dendritique. Li et al. (2010) ont ainsi montré une élévation des taux de protéines synaptiques (ex : PSD-95, synapsine, GluA1/2, VGLUT) et une augmentation du nombre et de la fonction de nouvelles synapses (définissant la plasticité synaptique ou synaptogenèse) dans le cortex préfrontal aussi bien chez le rat « naïf » que dans un modèle murin de stress chronique (Tableau 2). Ces travaux associés à ceux d’autres équipes ont permis de proposer l’hypothèse principale concernant le mécanisme d’action de la kétamine, à savoir une diminution de l’effet inhibiteur des interneurones GABAergiques positifs à la somatostatine sur les neurones pyramidaux glutamatergiques excitateurs (donc une désinhibition) du mPFC et de l’hippocampe (Miller et al., 2016 ; Pham & Gardier, 2019).
De fait, une libération immédiate, dose-dépendante, de glutamate est observée à l’aide de la technique de microdialyse intra-corticale entre 40 et 100 minutes après l’administration de doses infra-anesthésiques (10, 20 et 30 mg/g, i.p.) chez le rat « naïf » (Moghaddam et al., 1997). Des études de microdialyse in vivo ultérieures ont également montré une libération corticale immédiate de dopamine, et plus tardive de glutamate, après une dose de 18 mg/kg de kétamine chez le rat « naïf » (Lorrain et al., 2003).
Chez la souris BALB/cJ (une souche présentant un phénotype anxieux), on observe une co-libération de sérotonine, glutamate et GABA dans le mPFC 24 h après l’administration de kétamine à la dose de 10 mg/kg par voie i.p. ou IN (Moghaddam et al., 1997 ; Pham et al., 2018 ; Nguyen et al., 2023). Les R-NMDA situés sur les neurones glutamatergiques pyramidaux du mPFC étant bloqués par la kétamine, seuls les R-AMPA sont accessibles (Gerhard et al., 2020). Le glutamate endogène peut alors activer les R-AMPA post-synaptiques ce qui provoque un influx de Ca2+ et une activation des voies de signalisation intracellulaire, dont celle de BDNF-TrkB (Li et al., 2010 ; Zanos et al., 2016; Pham & Gardier, 2019). La voie de signalisation mTORC1 (mechanistic target of rapamycin complex 1) est ensuite activée dans le mPFC (Jelen et al., 2021). La signalisation BDNF/TrkB dans les neurones post-synaptiques de la région CA1 de l’hippocampe serait également nécessaire à la potentialisation synaptique par la kétamine et à son effet antidépresseur rapide (Lin et al., 2021).
Comme brièvement rappelé plus haut, cette cascade d’événements neuronaux nécessaire à l’effet antidépresseur rapide de la kétamine a été décryptée par diverses expérimentations précliniques avec notamment un pré-traitement avec un agoniste du R-GABAA (muscimol), un antagoniste de BDNF-TrkB (K252a), des délétions sélectives de gènes (e.g., souris knockdown R-NMDA-NR2B ; souris knockout KO-TrkB), un inhibiteur de mTOR (rapamycine) et un antagoniste des R-AMPA (NBQX) (Pham & Gardier, 2019).
Cette cascade d’événements neuronaux qui sous-tendent l’effet antidépresseur de la kétamine a aussi été confortée par des données de 13C-spectroscopie par résonance magnétique (13C-MRS) mesurant les variations cérébrales de Glx (cycle glutamate–glutamine). Ainsi, Chowdhury et al. (2012) ont rapporté qu’une dose infra-anesthésique (30 mg/kg) de kétamine stimule le cycle glutamate–glutamine des acides aminés neurotransmetteurs dans le cortex frontal chez le rat, suggérant une augmentation de la libération corticale de glutamate qui précèderait son effet antidépresseur (Chowdhury et al., 2017). Par ailleurs, lors de la perfusion de kétamine chez 14 volontaires sains et 7 patients déprimés, Abdallah et al. (2018) ont montré que le rapport glutamate 13C/glutamine était corrélé aux états dissociatifs induits par ce traitement. L’ensemble de ces résultats suggère que la kétamine augmente la libération de glutamate dans le cortex préfrontal, un mécanisme impliqué dans l’induction de son effet antidépresseur rapide.
Kétamine et voie de signalisation mTOR – Effet de la rapamycine, un inhibiteur de mTORC1.
Voies de signalisation intracellulaire : de BDNF/TrkB à la synaptogenèse en passant par mTOR
Le BDNF, un peptide exprimé par les dendrites, participe à la régulation de la plasticité synaptique dans le cerveau adulte. Il est stocké dans les terminaisons présynaptiques et libéré par les neurones d’une façon « activité-dépendante » pour se lier à son récepteur de haute affinité, le TrkB au niveau présynaptique ou postsynaptique. Il est également présent dans les plaquettes sanguines et peut être mesuré de manière fiable dans le sérum humain, voire même être considéré par certains auteurs comme un indicateur de la fonction cérébrale (Naegelin et al., 2018). L’expression de l’ARNm du BDNF dans l’hippocampe et le cortex frontal est augmentée chez le rat lors d’un traitement antidépresseur au long cours (21 jours) avec un ISRS ou un IRSN (Nibuya et al., 1995). Les effets de la kétamine et de ses métabolites sur le BDNF représentent un mécanisme clé pour son effet antidépresseur « synaptogenèse-dépendant ». Des données cliniques sur le polymorphisme Val/Met du BDNF confortent ces résultats pré-cliniques : l’activation des voies de signalisation mTOR/BDNF dans les neurones pyramidaux corticaux est nécessaire à l’effet antidépresseur de la kétamine (Kim et al., 2008 ; Pham & Gardier, 2019).
Comme la kétamine, d’autres antagonistes des R-NMDA (dizocilpine ou MK-801 ; Ro25-6981, sélectif de la sous-unité NR2B), exercent également des effets de type antidépresseur, mais qui se maintiennent moins longtemps qu’avec la kétamine. Au contraire, le composé NBQX, qui bloque les R-AMPA (cf. ci-dessus), atténue à la fois les effets de type antidépresseur de la kétamine et la phosphorylation des R-AMPA dans l’hippocampe (Maeng et al., 2008) et dans le mPFC (Li et al., 2010 ; Pham et al., 2017). Ces résultats suggèrent que l’interaction existant entre la sous-unité NR2B des R-NMDA portés par les interneurones GABA-ergiques et les R-AMPA dans le cortex est nécessaire à l’effet antidépresseur de la kétamine (Duman et al., 2019 ; Gerhard et al., 2020).
Synaptogenèse
Les épines dendritiques sont des protubérances membranaires microscopiques riches en synapses présentes sur des sous-types spécifiques de neurones. Dans une revue récente, le groupe de Conor Liston suggère que le remodelage synaptique (ou synaptogenèse) joue un rôle clé dans la physiopathologie de la dépression et dans l’activité antidépressive de la kétamine (Parekh et al., 2022). La plasticité synaptique est diminuée dans les circuits neuronaux affectés par le stress. Des études d’imagerie in vivo ont permis de quantifier la baisse de la densité des épines dendritiques qui la caractérise ainsi que sa correction par les antidépresseurs et d’étudier la dynamique de ces phénomènes (Kasai et al., 2003). L’imagerie transcrânienne à deux photons du cortex préfrontal chez la souris a aussi montré que la sensibilité au glutamate et l’expression des R-AMPA sont corrélées au nombre d’épines dendritiques des neurones pyramidaux glutamatergiques (Matsuzaki et al., 2001 ; Helm et al., 2021). Ainsi, l’application de ces nouvelles techniques de neuroimagerie a permis de montrer que la kétamine à dose antidépressive peut protéger sélectivement ces épines dendritiques et restaurer une activité coordonnée des ensembles multicellulaires du mPFC (Moda-Sava et al., 2019).
Pour leur part, Wu et al. (2021) ont précisé les effets moléculaires, cellulaires et antidépresseurs de doses infra-anesthésiques de kétamine (à 5–10 mg/kg par voie i.p.) au cours du temps. À la suite de l’administration d’une dose unique de kétamine, la chronologie de ces effets est la suivante :
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les voies de signalisation mTOR et eEF2 sont activées sélectivement dans le mPFC et l’hippocampe et constituent des biomarqueurs de synaptogénèse, un processus neurogénèse-indépendant ;
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l’augmentation de la plasticité synaptique qui en résulte débute dès 30 min et est maximale à 4 h post-dose ;
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la croissance des épines dendritiques est maximale entre 12 et 24 h post-dose, c’est-à-dire au moment où l’effet antidépresseur est lui aussi maximal chez l’animal (Li et al., 2010 ; Pham et al., 2018) comme chez l’homme (souffrant de DRT : Zheng et al., 2020 ; Bottemanne et al., 2021).
En pré-clinique, les modèles de stress chronique chez les rongeurs sont couramment utilisés pour produire des anomalies comportementales qui ressemblent à celles observées dans les troubles dépressifs chez l’homme. Ces modèles produisent également des changements morphologiques, moléculaires et cellulaires dans les régions corticales et limbiques impliquées dans la dépression (i.e., cortex préfrontal et hippocampe). Comme attendu de ses effets antidépresseurs rapides (cf. plus haut), la kétamine corrige ces changements synaptiques négatifs associés à un stress chronique et restaure l’activité des réseaux neuronaux (Hare et al., 2017 ; Kohtala, 2021) (Tableau 2). Un pré-traitement avec la rapamycine (ou sirolimus, un immunosuppresseur inhibiteur du complexe mTORC1 prescrit chez l’homme), à la dose de 0,2 nM par voie ICV, ou intra-corticale, bloque à la fois la voie de signalisation mTOR, la stimulation de la synaptogenèse par la kétamine et ses réponses comportementales (Li et al., 2010). Cependant, des résultats contrastés ont également été rapportés avec la rapamycine (Yang et al., 2018). Ainsi, 30 minutes après son administration, Autry et al. (2011) ne retrouvent pas de blocage de la réponse antidépressive de la kétamine chez la souris (alors que son passage de la barrière hémato-encéphalique a été vérifié).
En clinique, la seule étude publiée à ce jour chez les patients déprimés recevant à la fois la rapamycine et la kétamine a rapporté des effets inattendus : un prétraitement à la rapamycine (6 mg per os) n’a pas modifié les effets antidépresseurs de la kétamine 24 h après son administration, mais a prolongé ses effets jusqu’à 2 semaines (Abdallah et al., 2020) (Tableau 2).
Ces divergences de résultats pré-cliniques/cliniques suggèrent que la rapamycine affecte différemment les effets antidépresseurs de la kétamine selon qu’elle est administrée par voie systémique (i.p. ou per os) ou en intra-cérébral. Ces résultats préliminaires doivent cependant être interprétés avec prudence et confirmés dans de futures études.
En résumé, la (R,S)-kétamine peut produire des changements aigus de la plasticité synaptique, conduisant à un renforcement des synapses excitatrices glutamatergiques, et ainsi exercer un effet antidépresseur rapide (à 1 h) et soutenu (à 24 h) (Pham & Gardier, 2019). Cependant, ces études pré-cliniques et cliniques soulèvent en réalité encore beaucoup de questions sur l’implication des circuits neuronaux, e.g., cortex préfrontal/hippocampe, cortex/noyaux du raphé dans l’effet antidépresseur de la kétamine.
Une autre hypothèse a été mise en avant par le groupe de Lisa Monteggia à propos de l’effet de la kétamine sur la potentialisation de la transmission synaptique dans l’hippocampe, mais sans préciser qu’il impliquait la synaptogénèse. Utilisant des cultures de neurones hippocampiques provenant d’un modèle de souris stressée de façon chronique, ce groupe a montré que le blocage du récepteur NMDA par la kétamine désactive de façon dose-dépendante la kinase eEF2 (eukaryotic elongation factor 2) 30 min après son administration ce qui stimule la libération de BDNF, permettant ainsi le démarrage de son effet antidépresseur rapide (Autry et al., 2011). Mais cette cascade intra-cellulaire semble dépendre de la région cérébrale étudiée car contrairement à ce qui a été observé dans le cortex préfrontal, la phosphorylation de mTOR n’est pas modifiée par la kétamine dans l’hippocampe aussi bien à 30 min qu’à 24 h post-dose (Autry et al., 2011).
Ce processus de synaptogenèse induit par la kétamine est bien différent de la neurogénèse mise en évidence dans l’hippocampe adulte (Tableau 3). En particulier, un traitement chronique de 30 jours avec un ISRS comme la fluoxétine est nécessaire pour que les néo-neurones dans le gyrus denté de l’hippocampe développent des projections axonales et des dendrites chez la souris (Santarelli et al., 2003). Cette durée concorde avec le délai de survenue de l’effet antidépresseur de la fluoxétine comme David et al. (2009) l’ont démontré en utilisant le NSF (novelty suppressed feeding test), un test neurogénèse-dépendant chez la souris. Chez l’homme, les pionniers de cette recherche qui a abouti à la démonstration du rôle clé de la neurogenèse hippocampique dans l’effet antidépresseur des ISRS sont Fred Gage, Maura Boldrini et René Hen (voir le débat : Bessa et al., 2009 ; Boldrini et al., 2012 ; Tartt et al., 2022).
Mécanismes d’action de la kétamine (synaptogenèse) et de la fluoxétine (un ISRS) (neurogenèse) sous-tendant leur efficacité antidépressive respective, rapide et retardée.
(S)-kétamine versus (R)-kétamine
L’étude des mécanismes cellulaires et moléculaires qui distinguent les deux énantiomères qui composent le mélange racémique n’a été entreprise que récemment.
La (S)-kétamine enclenche des mécanismes cellulaires et moléculaires comparables à ceux que nous avons vus plus haut pour le racémique (R,S) (Jelen et al., 2021), jusqu’à une synthèse accrue des protéines synaptiques nécessaires à la synaptogenèse.
La (R)-kétamine active la même cascade intra-cellulaire mais avec quelques différences par rapport à la (S)-kétamine. La voie de signalisation préférentiellement activée par la (R)-kétamine est celle de TrkB-MEK-ERK, indépendante du complexe mTORC1, et donc insensible à la rapamycine. L’issue finale de cette cascade reste aussi une synthèse accrue des protéines synaptiques nécessaires à la synaptogenèse (Jelen et al., 2021). Il est important de noter qu’un des métabolites de la (R)-kétamine, la (2R,6R)-hydroxy-norkétamine [(2R,6R)-HNK], jouerait un rôle complémentaire de celui de la kétamine, non pas en bloquant le R-NMDA (Lumsden et al., 2019), mais en stimulant directement les R-AMPA et la voie de signalisation TrkB-MEK-ERK, ce qui conduit à la synaptogenèse et à l’effet antidépresseur (Zanos et al., 2016, 2019). Cependant, les propriétés pharmacologiques de la (2R,6R)-HNK et sa contribution aux effets antidépresseurs de la (R,S)-kétamine font encore débat (Abdallah, 2017). Outre cette action agoniste sur les R-AMPA post-synaptiques, le métabolite (2R,6R)-HNK exercerait un effet antagoniste sur l’un des récepteurs métabotropiques (couplés aux protéines G) du glutamate exprimés dans le SNC (Niciu et al., 2012), l’autorécepteur (présynaptique) du groupe 2, mGlu2 (Gould et al., 2019 ; Zanos et al., 2019 ; Highland et al., 2022). Mais on ne sait toujours pas, en 2023, si la kétamine est une pro-drogue, et son métabolite (2R,6R)-HNK l’antidépresseur actif, ou bien si l’association des deux molécules porte l’efficacité thérapeutique. L’évaluation clinique de la (2R,6R)-HNK est en cours dans la DRT (Farmer et al., 2020). Mais d’ores et déjà, une étude pilote sur 10 patients souffrant d’une DRT a montré que l’arkétamine (R-kétamine ou PCN-101, 0,5 mg/kg) n’était pas supérieure au placebo (Leal et al., 2023). En outre, un essai clinique très récent, de Phase 2a, également chez des patients DRT, n’a pas montré de différence statistiquement significative du score MADRS (Montgomery-Åsberg Depression Rating Scale) 24 h après l’administration d’arkétamine par rapport au placebo (https://clinicaltrials.gov/). D’autres essais cliniques avec des doses plus élevées ou des administrations répétées d’arkétamine devraient permettre d’apporter des réponses plus claires quant à l’efficacité antidépressive, réelle ou supposée, de cet énantiomère.
Conclusion
En résumé, la (R,S)-kétamine et ses énantiomères, antagonistes de la sous-unité NR2B des R-NMDA, stimulent la plasticité synaptique en déclenchant une cascade d’événements intracellulaires post-synaptiques dont une augmentation de la phosphorylation de mTOR et de l’expression de diverses protéines synaptiques (kinase eEF2, BDNF et son récepteur TrkB, synapsine 1, PSD 95).
Les connaissances sur la dépression et ses traitements ont beaucoup progressé avec l’avènement de la kétamine, un antidépresseur d’action rapide. Le développement d’outils expérimentaux pour modifier sélectivement l’activité de populations de sous-types neuronaux a aussi permis des avancées majeures (Hare & Duman, 2020). Des études sur les caractéristiques des anomalies au niveau des circuits neuronaux démontrent des changements structurels dans le mPFC et des changements fonctionnels dans sa communication avec les structures cérébrales distantes. Ainsi, Carreno et al. (2016), grâce à l’activation/inactivation spécifique par optogénétique du circuit hippocampe ventral-mPFC, ont montré que l’activation de ce circuit sous-tend l’action antidépressive de la kétamine. Les recherches doivent être poursuivies à l’aide d’outils optogénétiques, chimiogénétiques, et d’imagerie calcique pour moduler et analyser l’activité neuronale dans des modèles précliniques afin d’élucider les contributions du mPFC et de ses circuits dans les comportements de types dépression et anxiété et leurs traitements. Ces outils offrent un accès sans précédent à des circuits spécifiques et à des sous-populations neuronales impliqués dans la dépression et dont l’étude devrait permettre d’identifier de nouvelles cibles d’intérêt thérapeutique.
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Citation de l’article : Guilloux, J.-P., Nguyen, T.M.L., et Gardier, A.M. (2023). La kétamine : un neuropsychotrope au mécanisme d’action innovant. Biologie Aujourd’hui, 217, 133-144
Liste des tableaux
Principales études cliniques et pré-cliniques publiées concernant la « kétamine, un antidépresseur d’action rapide » entre 2000 et 2022.
Kétamine et voie de signalisation mTOR – Effet de la rapamycine, un inhibiteur de mTORC1.
Mécanismes d’action de la kétamine (synaptogenèse) et de la fluoxétine (un ISRS) (neurogenèse) sous-tendant leur efficacité antidépressive respective, rapide et retardée.
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